Vénus semble ralentire.

Selon les observations de la sonde Venus Express, lancée par l’ESA en 2005, la vitesse de rotation de Vénus est inférieur à celle mesurée par Venera et Magellan dans les années 80 et 90.

Venus Express

Venus Express (Image : ESA)

 

 

La durée d’un jour sur notre voisine nuageuse, qui est actuellement visible le soir à l’ouest, avait été mesurée par la sonde américaine Magellan entre 19789 et 1994. Elle correspondait à 243.0185 jours terrestre. En près de 2 décennie, un jour sur vénus s’est allongé de 6.5 minutes.

C’est en découvrant des éléments qui n’était pas à leur place que les responsable du projet on pu déterminer cette différence. Grâce à l’instrument VIRTIS, qui utilise les infrarouges pour pénétrer l’épaisse couverture de nuages, les scientifique on trouver des régions à 20 km d’où elle devrait être, selon les donnée de Magellan.

Une variation de la vitesse aussi importante est utilisée par les scientifiques pour savoir si le noyaux interne de Vénus est solide ou liquide. En effet, un noyaux solide à une masse plus compacte, et rend la rotation moins sensible aux effets extérieurs.

La plus importante de ces forces est celle exercée par l’atmosphère (plus de 90 fois la pression terrestre) et les courants très rapides, qui change la vitesse de rotation avec les frottements sur la surface. Sur Terre, des variations dues au climat approchent plus de la milliseconde avec des variation saisonnières.

Les différences entres les relevé de Magellan (en haut) et Venus Eyèress (en bas). Le décalage atteint par endroit 20 km (Image : ESA)

 

L’océan polaire martien confirmé par le radar MARSIS

En étudiant les données accumulées pendant 5 ans par le radar MARSIS, embarqué sur Mars Express, une équipe internationale de chercheurs menée par l’Institut de Planétologie et d’Astrophysique de Grenoble vient de faire une avancée significative dans le débat sur la nature géologique des basses plaines circum-polaire de l’hémisphère nord de Mars.

MARSIS est un radar basse fréquence embarqué sur la mission européennne Mars Express. Cet instrument a la capacité de sonder profondément le sous-sol martien, jusqu’à plusieurs kilomètres sous les calottes polaires. C’est en étudiant la réflectivité radar de la surface de Mars (l’intensité du premier écho radar réfléchi) qu’une carte globale de la constante diélectrique a pu être établie. Celle-ci dépend directement de la composition et des propriétés physiques des premières dizaines de mètres du sous-sol et donc à la nature géologique des terrains.

Carte des hémisphères nord (a,c) et sud (b) de Mars entre les latitutes 30º et les pôles en projection stéréographique polaire. L'échelle de couleur bleu-rouge représente les constantes diélectriques mesurées par MARSIS. Les valeurs faibles (bleu) sont mieux expliquées par des matériaux de faibles densités et/ou la présence de glace d'eau. Alors que les fortes valeurs (rouge) indiquent la présence de matériaux volcaniques denses. Pour les contours indiquant la présence de plus de 10% d'eau (équivalent hydrogène ou WEH) dans le premier mètre et celui donnant la limite théorique de stabilité de la glace sont aussi tracés sur ces cartes. Les lignes continues et pointillées (figure en bas) montrent la région délimitée par le rivage de l'hypothétique océan ("Oceanus Borealum" ; "Deuteronilus" et "Arabia"). Les mesures topographiques de Mars Orbiter Laser Altimeter (MOLA) sont montrées en relief.

 La carte obtenue montre une zone de  faible constante diélectrique (faible réflectivité radar) dans les basses plaines de l’hémisphère Nord. “Nous avons immédiatement été très intrigués lorsque nous nous sommes aperçus que cette zone de faible constante diélectrique correspondait à l’emplacement du possible océan martien” confie Jérémie Mouginot, premier auteur de l’article. Cette zone correspond, en effet, à une région délimitée par une possible ligne de rivage, identifiée selon des arguments géomorphologiques sur les photographies des sondes Viking et, dans une moindre mesure, selon des arguments topographiques sur les données altimétriques de la sonde Mars Global Surveyor. Cette interprétation a néanmoins toujours été controversée, en particulier en raison de l’absence d’observations de compositions chimique et minéralogique particulières dans ces régions.

Les faibles valeurs de la constante diélectrique apportent désormais un nouvel argument de poids en faveur de la présence passée d’un océan circum-polaire sur Mars. En effet, seuls deux types de matériaux sont à même d’expliquer des valeurs aussi faibles: des sédiments très poreux ou une large concentration de glace d’eau. Ces deux possibilités renvoient à l’existence dans un passé éloigné d’une important masse d’eau chargée en sédiments autour du pôle nord de Mars.

Alors que de nombreuses méthodes géophysiques de télédétection ne sondent que les niveaux les plus superficiels du sous-sol martien, le sondage par radar basse fréquence employé dans cette étude permet de caractériser les propriétés des matériaux intégrées sur des épaisseurs de plusieurs dizaines de mètres en dessous de la surface. En sondant à des profondeurs plus importantes, il devient possible de retracer le déroulement d’événements survenus il y a plusieurs milliards d’années en s’affranchissant des perturbations climatiques récentes qui affectent les unités géologiques les plus superficielles. En l’occurrence, l’extension géographique de la zone de faible constante diélectrique suggère l’implication des grands chenaux de débâcle des régions de Chryse, Utopia et Arcadia Planitia qui ont pu charrier de grandes quantités de sédiments vers les plaines circum-polaires, il y a deux ou trois milliards d’années de cela.

Le devenir de cet océan polaire (Oceanum Boreale) reste aujourd’hui inconnu. Une première possibilité est que l’eau ait été perdue dans l’espace par des mécanismes d’échappement atmosphérique. Une seconde, est que celle-ci soit toujours présente sur Mars aujourd’hui, piégée dans le sous-sol au sein d’une profonde et épaisse cryosphère.

Conférence: AMS-2, un détecteur de rayons cosmiques sur l’ISS

24 novembre 2011 | 20h
par Armand Fiasson  (LAPP)
salle des Combles de l’Ecole de Commerce de Monthey

 

Résumé:

Nous allons célébrer l’an prochain les 100 ans de la découverte des rayons cosmiques par le physicien allemand Victor Hess, découverte qui lui valut l’attribution du prix nobel quelques années plus tard. Si notre compréhension de ce phénomène a bien évolué en 100 ans, de nombreuses questions restent encore en suspens. En particulier, l’origine d’une majeure partie de ces rayons cosmiques, reste encore mal comprise. Un certain nombre de questions ont également émergé suite aux progrès réalisés dans notre compréhension du fonctionnement de notre univers. Ainsi la nature de la matière noire, ou l’énigme de la disparition de l’antimatière produite au moment du Big Bang restent a ce jour non résolues. L’étude des rayons cosmiques pourrait fournir des réponses a ces questions.
C’est dans ce but que l’expérience AMS-02, un détecteur de particule format réduit, a été construit. Après plusieurs années d’attente, le détecteur a finalement rejoint son point d’attache sur la station spatiale internationale le 19 mai dernier. Les capacites de ce detecteur permettront d’etudier avec une precision sans précédent les différentes espèces de rayons cosmiques et devraient apporter des réponses quant a leur origine ou la nature de la matière noire.

Marseille au coeur du côté obscure

Le laboratoire d’astrophysique de Marseille participe à une mission qui permettra d’avancer sur l’énergie et la matière noires qui font s’agrandir notre univers.

Dark Vador peut aller se rhabiller. Les Marseillais sont du côté obscur et pour une fois, personne ne leur en fera le reproche. C’est même une fierté au Laboratoire d’astrophysique de Marseille (LAM) qui vient d’être choisi pour participer à l’une des deux missions phares de l’Agence spatiale européenne pour les dix ans à venir sur l’énergie et la matière noires. Celle qui constitue l’essentiel de notre univers et qui serait à l’origine de l’expansion de l’accélération de l’univers.

800 millions d’euros

Cette mission, baptisée Euclid, du nom du mathématicien fondateur de la géométrie qui porte son nom, va être dotée d’un budget de quelque 800 millions d’euros et mobiliser 700 personnes en Europe et donc une cinquantaine dans la région provençale. “C’est une véritable fierté et le résultat d’une longue préparation du laboratoire, souligne Olivier Le Fèvre, directeur du LAM et qui représentera la France au comité directeur de cette mission dirigée au niveau européen par un autre Français, Yannick Mellier. Encore une fois, nous allons oeuvrer avec un télescope embarqué et avec toute une logistique pour tenter d’avancer sur le mystère clé du monde qui nous entoure.”

Il faut bien une armée digne de la”Guerre des Étoiles” pour plonger dans cette dimension. Songez que vous, moi, les planètes, les étoiles, ne constituent que 5% de l’univers. Le reste, c’est 72% d’énergie noire et 23% de matière noire.

Humblement, les scientifiques reconnaissent que ce “Grand Nulle part” leur échappe. “On observe simplement les effets de la matière noire qui, par exemple, agit sur la vitesse de rotation des galaxies, reprend l’astrophysicien. Et le programme Euclid, dont le satellite va être lancé en 2019 à Kourou par une fusée Soyouz, doit nous permettre de comprendre pourquoi cette matière et cette énergie noires font s’agrandir notre univers, comme un ballon que l’on gonfle de plus en plus vite.”

Et le labo marseillais bénéficie d’une belle coïncidence: le 4 octobre, date à laquelle il a été désigné pour cette mission, est aussi celle où le Nobel de physique a été remis à trois astrophysiciens qui ont découvert le phénomène d’accélération de l’expansion de l’univers.

La matière noire constitue l'essentiel de notre univers et qui serait à l'origine de l'expansion de l'accélération de l'univers. Photo Nasa/ ESA/ ESO/ W.FREUDLING

Une cartographie 3D d’un milliard de galaxies

Une belle mise en lumière pour de la matière noire. “Toutes mes équipes, avec notamment celle de cosmologie de Jean-Paul Kneib, vont travailler à tous les niveaux. Tout d’abord pour la préparation scientifique. Ensuite, pour la construction et les tests d’instruments d’observation (notamment un spectro-imageur) et de recueils de données à Marseille. Nous allons en quelque sorte fournir des capteurs capables de faire des photos, une cartographie en 3D d’un milliard de galaxies. Et enfin nous analyserons au sol avec des logiciels et des microprocesseurs jamais utilisés l’incroyable masse de données recueillies.”

Pensez, des millions de pixels à traiter et à reconstituer. Cela durant au moins les 5 à 7 ans que durera le satellite qui va traquer le côté obscur. À quoi cela sert-il ? Eh bien à connaître l’origine de notre univers et son avenir.

Et puis, souvenons-nous que la théorie de la relativité d’Einstein a permis la mise au point du GPS. Alors, que la force soit avec eux !
(Article tiré de “La Provence.com”)

Une grande tache à traversé le soleil durant le mois de septembre.

L’activité solaire suit un cycle de onze ans, où alternent des périodes de forte intensité et des périodes de faible intensité. Le dernier maximum étant en 2001, on devrait s’attendre à un maximum en 2013. Cependant, en 2008, alors que le début d’un nouveau cycle semblait débuter, on dénombra 266 jours sans aucune tache et en 2009, on totalisa 640 jours sans tache depuis le début du minimum.

Il semblerait cependant qu’il y ait un regain d’activité sur le soleil en ce début d’automne : un groupe de tache assez important fit son apparition :

Le groupe de taches AR 1302, visible sans télescope au couché de soleil. (source : http://spaceweather.com/swpod2011/27sep11/sunset.jpg)

Ce groupe de taches a également provoqué des éjections de masse coronale qui ont illuminé les nuits polaire, allant jusqu’au nord des USA, les 17 et 27 septembre.

L'aurore boréale du 17 prise au Nord Ouest du Canada (Image Credit & Copyright: Yuichi Takasaka / TWAN / www.blue-moon.ca)

L'aurore du 27, prise au nord de la Norvège (Image Credit & Copyright: Fredrick Broms (Northern Lights Photography))

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour plus d’images du groupe d’AR 1302, rendez vous ICI, (images prise le 29.9.11)

Assemblée Générale d’Astrochablais

L’Assemblée Générale d’Astrochablais a eu lieu hier 15 septembre à l’Ecole de Commerce et de Culture Générale de Monthey. Les membres ont plébiscités le nouveau programme des activités 2011-2012:

  • Un cycle de conférence varié et attrayant
  • Un cours de formation avec le fameux astrophysicien André Maeder le 19 novembre 2011 en collaboration avec l’UNIPOP de Monthey (inscrivez-vous!)
  • Une sortie des membres le 17 mars 2012 à l’observatoire de St-Luc
  • Des observations du Soleil (Foilleuse et Bouveret)
  • Des visites du sentier planétaire de Morgins

Profitez de l’occasion pour vous inscrire sur notre site et bénéficier de plusieurs avantages.

Le plus lointain quasar jamais observé

Baptisé ULAS J1120+0641, le quasar nouvellement détecté par les télescopes infrarouge de Hawaï et de «  Very large Telescope » au Chili, s’annonce comme un des plus anciens jamais recensés dans l’espace.

Âgé d’environ 12,9 milliards d’années, ce quasar se serait formé alors que l’univers n’était qu’à ses 770 millions d’années d’existence. Les scientifiques le qualifient alors de plus vieux quasar de l’espace.

Par ailleurs, en se rapprochant plus de la date de la formation de l’univers, l’étude de ce nouveau quasar permet entre autre d’en savoir beaucoup plus sur les processus de la formation de l’Univers, notamment avant et après le Bing Bang. A noter que le précédent quasar découvert, datait de 870 millions d’années après le Big Bang.

ULAS J1120+0641

Une vue d'artiste du quasar Ulas J1120+0641 découvert par les astronomes, avec des jets de matière. © ESO/M. Kornmesser

Un immense trou noir absorbant la matière

Celui-ci diffère des autres, par l’immensité du trou noir en son centre qui lui procure toute sa luminosité. Selon les estimations, ce quasar possède une masse de deux milliards de fois celle le Soleil. De ce fait, l’énergie contenue dans le quasar dépasse toutes les mesures prises chez les autres jusqu’à ce jour. De plus, cette énergie aurait joué un grand rôle dans la dernière phase de réionisation du jeune univers lors de sa formation. Techniquement parlant, cette réionisation est un processus par lequel les rayons ultraviolets des étoiles éliminent les nuages d’hydrogène présents dans le cosmos.

La découverte a été menée par l’équipe d’astrophysiciens de l’ Impérial College de Londres, au Royaume-Uni.  Dirigé par  Stephen Warren , coauteur de l’étude et chef du groupe d’astrophysique de l’établissement, l’équipe en déduit, que c’est un objet très rare. Effectivement, ce quasar permettra de comprendre la formation des trous noirs supermassifs capables d’absorber toutes les matières qui les entourent.

Discovery réussit son dernier atterrissage

La mission STS-133 s’est achevée hier par un atterrissage parfait. Discovery a gagné son droit à la retraite.

En langage aéronautique, c’était un kiss landing, un « atterrissage-baiser ». Piloté par Steven W. Lindsey et Eric A. Boe, le gros planeur Discovery de retour de l’espace à 360 km/h, s’est en effet posé en douceur sur la piste du Centre spatial Kennedy, ramenant à bon port ses six occupants. Il était 11h57 en heure locale de Floride, 16h57 en temps universel et 17h57 en heure française.

Après 13 jours autour de la Terre, Discovery achevait sa dernière mission, numérotée STS-133 et l’engin, construit entre 1979 et 1983, ne volera plus. Good bye Discovery…

Atterrissage de Discovery

Stardust flirt avec Tempel 1

La Nasa vient de réveiller la sonde Stardust. Sept ans après son survol de la comète Wild 2, elle s’approchera le 14 février à seulement 200 kilomètres d’un autre astre chevelu, Tempel 1.

La vie d’une sonde interplanétaire est ingrate, faite de longues années de silence pour quelques jours de notoriété. Prenez le cas de Stardust : saviez-vous que cette sonde américaine a quitté notre planète il y a déjà douze ans ? En janvier 2004 elle est brusquement devenue célèbre en capturant des échantillons de poussière de la comète Wild 2 grâce à un collecteur en aérogel. Puis tout le monde ou presque a oublié la mission jusqu’en janvier 2006, lorsque Stardust a largué sur Terre une capsule contenant ces fameux échantillons dans lesquels on a retrouvé de la glycine, un acide-aminé fondamental sur notre planète, puisqu’il fait partie des briques dont sont fabriquées les protéines  des organismes vivants.

On croyait la mission définitivement terminée, mais c’est mal connaître la Nasa qui a pris la bonne habitude de recycler ses vieux vaisseaux. Et voilà Stardust, toujours parfaitement opérationnelle, qui se voit confier une autre mission ambitieuse : survoler de près la comète Tempel 1.

Une rencontre pleine de promesses

Si les astronomes sont très impatients de connaître le résultat du survol rapproché (moins de 200 kilomètres) de la comète par la sonde (rebaptisée pour l’occasion Stardust-Next), ce n’est pas seulement parce qu’elle aura lieu amoureusement à l’occasion de la Saint-Valentin, le 14 février prochain. Mais c’est surtout parce que Tempel 1 est une vieille connaissance. En juillet 2005, elle avait été atteinte par l’impacteur de la mission Deep Impact, une sonde qui elle aussi a été recyclée depuis, puisqu’elle a récemment survolé la comète Hartley 2 sous le nom d’Epoxi. On vous disait bien que la Nasa fait ses meilleures soupes dans les vieilles marmites…

Les astronomes ont donc très envie de voir à quoi ressemble exactement le cratère artificiel qu’ils ont créé à la surface de Tempel 1 il y a un peu plus de cinq ans. Prise dans un regain d’activité cométaire inattendu, Deep Impact avait alors eu le plus grand mal à fournir des images nettes du cratère. Ce sera également l’occasion de repérer d’éventuels changements à la surface de la comète qui a eu le temps de parcourir une orbite complète autour du Soleil.

Reste quelques incertitudes liées au peu de carburant dont dispose encore la sonde et au fait que ses caméras n’ont pas encore pu détecter la comète (trop faible), une étape indispensable pour naviguer avec précision vers la cible. La Nasa reste toutefois confiante et en attendant le rendez-vous galant du mois prochain, chacun peut suivre sur le site de Stardust-Next l’avancée de la mission.

La comète Tempel 1

La comète Tempel 1